Les nombres sont une chose assez fascinante. Ils nous permettent de décrire tant de ce qui nous entoure.
Je ne suis pas mathématicien. Loin de là. Je ne suis pas un scientifique. Juste un être vivant d’un monde vivant que l’on peut décrire par des nombres et des chiffres. Si tant est que nous l’ayons correctement modélisé. Aujourd’hui se révèle un jour étonnant. Un peu convergeant.

12 Février 2021

Une date particulière pour moi. Forcément. Il y a 2 ans, dans quelques heures, avant la fin de l’après-midi, je voyais la vie s’échapper progressivement du corps de mon père. Depuis sa chute de la veille, il n’avait plus conscience du monde. Et la vie préparait son départ. Elle nous a permis de la voir se glisser hors de lui.

12 Février 1809

Darwin naissait. Mon père (mes parents) m’a plutôt poussé vers le créationnisme. Même si je n’en suis pas trop sûr. Dans tous les cas, ça m’aura donné une vision du monde basée sur une forme d’intelligence qui nous dépasse. Aujourd’hui, j’ai ce sentiment que quelle que soit notre croyance, cette chose qui nous dépasse a des chances d’être vraie.

12 Février 2021 – again

Ma compagne m’envoie des images publiées par Yuval Noah Harari sur son compte Instagram (https://www.instagram.com/p/CLMLWYEADNY/), même si je n’utilise pas l’appli. C’est le Darwin Day.
C’est encore ma compagne qui m’offre deux ouvrages d’Harari, il y a quelques mois de ça. Qui me reconnectent avec la notion d’histoire, matière pas génial appréciée sur les bancs d’école. Et pourtant.
Voilà que je suis moi-même formateur à asseoir des élèves (on dit apprenants) sur des bancs (bon, c’est un peu moins ch… si j’en crois leurs retours).

Il y a quelques jours, j’ai terminé la lecture d’un ouvrage assez technique. Psychobiologie – de la biologie du neurone aux neurosciences comportementales, cognitives et cliniques.
Ca me semble important de fouiller jusqu’au bout les mécanismes de motivation, puisque c’est ce que j’essaie de transmettre et d’utiliser en formation et coaching. Alors, après avoir poussé les lectures sur la tête et utilisé le corps, je suis allé chercher un peu plus la connexion entre la tête et le corps pour essayer de l’expliquer.

Le lien entre Darwin et le souvenir de cette vie s’échappant devant moi devient plus clair. Psychobiologie explique à quel point nous sommes une merveille de techno. La vie semble tracer un chemin que nous ne connaissons pas. Des millions d’années d’expérimentation ont bâti des niveaux technologiques que l’on ne peut pas comprendre (c’est écrit ainsi par des « brutes » de connaissance). Le « quelque chose qui nous dépasse » revient au galop et pas question que je lui donne un nom.

12 Février 2021 – des chiens

Aujourd’hui, je tombe sur ce lien
Mes lectures m’ont appris que notre monde extérieur nous est accessible par des récepteurs sensoriels. En fonction de notre spécialisation animale, nous réceptionnons seulement une partie de tous les signaux disponibles autour de nous (et au-delà, au sein d’une même spécialisation, le traitement est différent en fonction du développement de chacun. Vive la plasticité et l’ouverture d’esprit)
Un moyen d’avancer sur le fameux chemin du mieux possible selon la forme considérée ?
Peut-on imaginer que pour accéder à la réalité, nous devrions combiner toutes les formes de vie (y compris non animales) et que dès lors considérer une espèce seule n’a pas d’intérêt ?
Dans notre quête de vérité, peut-être que nous sommes finalement limités par notre spécialisation et notre fermeture progressive par souci de l’économie.

La vie s’est-elle ainsi « garantie » d’une espèce trop arrogante qui s’imaginerait pouvoir contrôler le monde avec une intelligence limitée ?
Tant de questions.

12022021

Peut-être ce nombre a-t-il une valeur particulière. Ca me rappelle mon dossard 1010 à l’édition 2010 de l’Ironman d’Hawaii. Ca avait été un chouette moment.
Je ne sais pas ce qu’aurait pensé mon père de la période actuelle et du SARS-coV-2. Peut-être aurait-il trouvé étonnant que nous nous dissocions de la vie dans son essence, de notre biologie, en essayant de lui montrer son chemin et de lui dicter nos lois et notre conformité.
J’aurais peut-être pu lui dire, avec le peu que j’en ai appris, qu’il semble que nous nous écartons de sa puissance intrinsèque. Que nous utilisons finalement peu la motivation du même nom qui lui est associée.

Je voudrais juste le remercier de m’avoir donné l’élan pour préserver cette intensité et cette curiosité qui m’anime. Comme elle l’animait, sans qu’il ait jamais eu la prétention de modifier le monde autour de lui, pour y laisser une trace ou imaginer faire partie d’une espèce supérieure. Je pense qu’il a simplement su participer à l’essor vital, s’y intégrant anonymement en donnant l’exemple à sa lignée.

N’est-ce pas ce que pourrait demander la vie si l’on veut suivre son chemin ?